Continuum

Le concept du CONTINUUM- La recherche du bonheur perdu

 

Ce livre qui met des mots sur l’essence même du maternage proximal…

 

Ce livre est pour moi l’un des plus importants et des plus influents en matière d’éducation. C’est pourquoi il est mon choix pour ma participation au carnaval d’article organisé par Marion Loirat du blog https://liberte-pedagogique.com/. Les blogueurs s’organisent et publient autour du thème “Les livres qui vont révolutionner l’éducation”. Les lecteurs auront accès librement à la compilation sous forme d’ebook gratuit de tous les articles des meilleurs livres pour développer leur vision de l’éducation.

 

Il existe une peur bien ancrée dans nos contrées occidentales : celle que nos enfants ne soient pas assez autonomes, pas assez rapidement. Cette peur que nos enfants soient trop accrochés à leur mère pour vivre heureux et la laisser vivre heureuse.
On transmet de génération en génération l’idée que maman doit être indépendante de ses enfants, au plus vite, ne pas “se laisser bouffer” par ces petits êtres “trop demandeurs”.

 

L’enfant doit s’habituer au plus tôt à dormir seul, s’occuper seul, aller avec des inconnus.
Alors on se dépêche de “couper le cordon”. On s’oblige à laisser bébé pleurer seul dans son lit jusqu’à ce qu’il s’habitue. On conditionne bébé à un monde à part, parqué ou attaché. Puis, on interrompt un allaitement qui a “assez duré”.
Il est dit que cela est bon pour lui, que cela favorise son indépendance future.

Mais, si l’on suivait notre instinct, si l’on cessait de refouler nos désirs profonds, que ferions-nous ? En oubliant tous nos “principes”, nos “règles”, nos “obligations”, comment maternerions-nous nos bébés ?

“Le concept du continuum” répond à ces questions.

Ce livre est sensationnel et envoutant pour tout parent qui a décidé d’écouter son cœur.
Il peut cependant être violent pour d’autres parents, qui ont fait différemment, même si leur démarche avait indéniablement pour but le bien-être de leurs enfants.

Ce livre m’a profondément touchée et parlé. Jean Liedloff met ici des mots sur une sensation difficile à verbaliser qui m’anime depuis toujours.

Je tiens à préciser qu’en aucun cas je ne juge les parents sur la façon dont ils maternent ou ont materné leurs enfants.
Je suis par contre persuadée que ce livre devrait trôner dans toutes les bibliothèques et le concept du continuum appliqué par toutes les personnes qui le rencontrent comme une évidence.

 

Le continuum, un concept basé sur l’importance capitale…

– Des premiers instants de vie

La période juste après la naissance est la partie la plus impressionnante de la vie extra-utérine. Ce que le bébé rencontre alors va déterminer sa perception de la vie. Les impressions ultérieures ne pourront que compléter, dans une plus ou moins large mesure, son opinion première, celle qu’il s’est forgée lorsqu’il ne connaissait rien encore du monde extérieur. […] le bébé vient au monde, paré pour le grand saut de l’utérus aux bras de sa mère.”

D’après l’auteur de ce livre, Jean Liedloff, les premiers instants de vie sont donc absolument décisifs.

L’enfant passe du cocon douillet que constitue pour lui le ventre de sa mère à une vie extérieure extrêmement différente. Les éléments qu’il va rencontrer sont multiples et il va découvrir de nombreuses “choses sans vie” : les vêtements, les objets… etc.
Il lui est alors absolument nécessaire de garder un contact permanent avec sa mère, son père, le vivant. Ceci constitue le respect de son continuum. C’est la continuité naturelle de sa vie.

 

– Des premiers mois de vie

Ensuite, c’est la phase dans les bras :

“Durant la phase dans les bras, c’est-à-dire la période entre la naissance et l’exploration à quatre pattes, un bébé emmagasine de l’expérience. Grâce à elle, il répond à ses attentes innées, qui cèdent alors progressivement la place à de nouvelles attentes ou de nouveaux désirs qu’il satisfera en leur temps.”

C’est un réel besoin pour l’enfant que d’être porté. Du haut des bras de sa mère, de son père, ou autre, il apprend. Il prépare sa future autonomie. Il est naturellement accueilli dans les bras et jamais repoussé. Ainsi il développe une grande confiance en lui-même et en ses parents. Il a tout loisir à suivre son évolution naturellement, et c’est lui qui la gère, à son rythme.

On trouve au cœur de ce livre une description poignante et émouvante de ce que peut ressentir un bébé qui passe beaucoup de temps allongé seul, que ce soit dans un lit ou un landau… Imaginez ce que peut ressentir un bébé, qui n’a aucune notion du temps, qui ne sait pas si quelqu’un viendra le chercher un jour, qui ne peut pas se relever afin d’observer ce qui l’entoure…

 

– Des premières années de vie

C’est tout naturellement et en douceur que cette phase se terminera.

L’indépendance et la maturation émotionnelle trouvent principalement leur origine dans la relation dans les bras. Ainsi, il est impossible de prendre son indépendance à sa mère sauf et grâce à celle-ci, si elle joue correctement son rôle, en lui faisant connaître la phase dans les bras et en lui permettant ensuite de s’épanouir librement.”

Ainsi, la transition se doit d’être douce et progressive. L’enfant doit toujours être accueilli dans les bras au besoin. Ainsi c’est lui qui mène la danse de son autonomie. Il s’éloigne de plus en plus loin pour vivre ses propres aventures.

 

C’est ainsi que le continuum de l’enfant est respecté. Il est alors paré d’une confiance en lui, en les autres, et en la vie intactes. La personne adulte qu’il deviendra part sur des bases saines et équilibrées.

 

 

Les observations sur lesquelles est basé le concept du continuum

“Jean Liedloff a passé deux ans et demi au plus profond de la jungle d’Amérique du sud en vivant avec les indiens des tous premiers âges. Cette expérience renversa ses conceptions occidentales sur la façon dont nous devrions vivre et l’amena à un point de vue radicalement différent de notre véritable nature humaine. […] Le concept du continuum est destiné à toute personne qui veut savoir ce qui n’a pas fonctionné dans notre évolution et apprendre comment revenir à des principes plus adaptés à notre nature.”

C’est auprès des Yékwanas, membres d’une tribu d’Amérique du sud, que l’auteur a retrouvé cette logique.

Vivant auprès d’eux, elle a vite ressenti le bonheur qui animait chaque individu de la tribu. Les relations entre eux étaient naturellement pacifistes. La joie et le partage constituait le quotidien pour tous. Elle s’est alors penchée sur la question de l’éducation. C’est ainsi qu’elle a pu observer cette naturelle phase dans les bras dont bénéficie chaque enfant. Et bien d’autres attitudes envers eux que dans nos pays occidentaux nous avons totalement oubliées ou transformées, telles que la confiance qu’on leur accorde.

 

 

Quelle attitude nous propose cet ouvrage d’adopter afin de respecter le continuum de nos enfants ?

Tout contre soi…

Portage en écharpe / dans les bras / sur les genoux (en intérieur comme en extérieur)

Cododo (sieste en écharpe au besoin)

Allaitement à la demande

Ceci durant plusieurs mois, jusqu’à ce que l’enfant choisisse de lui-même de crapahuter et dormir seul.

 

Accepter leur indépendance

Jean Liedloff insiste à ce propos : il ne s’agit pas de surprotéger et enfermer nos enfants. C’est effectivement tout le contraire :

“L’enfant surprotégé et faible est un enfant chez qui la prise d’initiative a été constamment usurpée par une mère bien trop attentionnée. Il ne s’agit certainement pas d’un enfant porté dans les bras quand il en avait besoin lors de ses premiers mois cruciaux.”

C’est l’enfant qui gère la séparation, qui l’adapte à ses besoins. C’est lui qui est le plus à même de savoir quel est le bon moment pour aller expérimenter par lui-même.

L’enfant ne doit pas être constamment au centre de l’attention.

Il doit avoir la possibilité de quitter les bras et les retrouver à sa guise, selon ses besoins.

 

Leur faire confiance

Pas de tabous, de secrets, qui sont jugés trop difficiles et ainsi cachés aux enfants.

Pas de “Attention tu vas te faire mal”, “cela ne m’étonne pas de toi” et autres propos de ce genre.

“Une des impulsions les plus ancrées dans l’animal social qu’est l’homme est d’agir en fonction de ce qu’on attend de lui.”

Ni pour autant de “oh quelle gentille fille” ou de “Que c’est beau, c’est vraiment TOI qui as fait ça ?” qui peuvent amener l’enfant à penser que l’on n’attend pas si bien de lui…

– Ne jamais remettre en question l’être de l’enfant : ne pas confondre ce qu’il est et les erreurs potentielles qu’il fait.

– Eviter au maximum la surprotection des espaces. Les laisser expérimenter librement, guidés par leurs observations passées (durant la phase dans les bras).

 

 

Impact sur l’âge adulte

Jean Liedloff dépeint un tableau vraiment effrayant quant à l’impact du non respect du continuum sur la personne adulte.
Selon elle, le mal-être d’une grande partie de notre population serait directement lié à cette période de notre petite enfance.

“De nombreuses personnes passent leur vie à chercher ni plus ni moins des preuves de leur existence.”

Je ne souhaite pas m’étaler sur ce sujet, que je trouve très difficile à aborder. Je suis cependant certaine qu’il y a, sinon plus, une grande part de vérité dans cette idée…
C’est volontairement donc que je vous laisse découvrir cette facette du concept du continuum en lisant le livre par vous-même.

 

 

Le comble…

… c’est qu’au fond nous savons de quoi ont besoin nos enfants, tout est fait pour “substituer” la mère :

– Des biberons qui sont conçus pour ressembler au sein

– Du lait artificiel au plus proche du lait maternel

– Des peluches très en vogue qui reproduisent les battements de cœur de maman

– Un doudou que l’on conseille d’imprégner de l’odeur de maman

– Des matelas cocon qui imitent la sensation d’être porté

– Des transats à piles qui bercent l’enfant

Et bien d’autres choses encore…

 

 

Pourquoi ne pas simplement accepter qu’un bébé a besoin d’être au contact de sa mère ?

L’accepter, l’assumer et donner aux femmes, mais aussi aux hommes, la possibilité de materner leur enfant. Les conforter dans ce choix. Leur laisser le droit de s’épanouir tout en maternant leur enfant. Se détacher de l’idée que bébé doit être indépendant au plus tôt. Arrêter de séparer totalement la garde d’enfant et la “vraie vie”, la vie professionnelle et la vie privée. Et ainsi permettre également à l’enfant d’évoluer simplement entouré de tous et non seulement au cœur d’un groupe d’enfants de son âge.

 

 

Je terminerai cet article par la phrase qui clôture le livre et qui en dit long :

“Une fois que nous prendrons entièrement conscience des conséquences de notre attitude envers les bébés, les enfants, les autres et nous-même, et que nous apprendrons à respecter notre vraie nature, nous ne pourrons que découvrir en nous un énorme potentiel de bonheur.”

 

Si cet article et / ou ce livre incroyable vous parle et vous touche, alors partagez en masse !

Il faut que cela tombe entre toutes les mains, afin que chacun fasse ses choix en conscience.

 

J’ai écrit cet article dans le cadre de mon défi de chroniquer 2 livres par mois jusqu’à la fin de ma grossesse.

Pour découvrir d’autres livres inspirants, rejoignez le coin des livres !

 

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12 réflexions au sujet de « Le concept du CONTINUUM- La recherche du bonheur perdu »

  1. Il me semble que tu as oublié de parler de l’adaptation précoce du nourrisson à l’eau-vive qui fait des Yekwanas les meilleurs pagayeurs de la région !!

    1. Pas oublié non mais difficile en un petit article de tout retranscrire ! Pour moi, contrairement à toi, ce n’est pas ce qui a le plus d’importance dans ce livre 😉 .
      Mais tu fais bien de le souligner. Car j’ai finalement peu évoqué l’importance mise en évidence dans le concept du continuum d’emmener l’enfant dans nos multiples activités dès le plus jeune âge.
      Merci pour ton commentaire 🙂

  2. Le continuum !…. Je ne connaissais pas…! J’ai dévoré ton article Fanny, il est vraiment passionnant ! 😮 ….et j’adhère tout à fait au principe du continuum…! 😉
    Nico, tu as raison… L’eau-vive, c’est très important…! 😂 Nul doute que tu y amèneras ton enfant dès son plus jeune âge…! 😉

    1. Oh merci je suis vraiment ravie de t’avoir fait découvrir le concept du continuum 🙂 . Je te conseille vivement de lire le bouquin !
      Ton commentaire me va droit au cœur <3

  3. Un concept très intéressant , que tu exposes avec talent !! 🙂
    Je trouve que malheureusement, on ne donne pas aux jeunes parents les moyens et le temps de MATERNER le tout petit enfant…… C’est frustrant à la fois pour le bébé et pour les parents ! :-/

  4. Complètement d’accord avec Monik’A! Oui au congé de maternité longue durée (2 ans minimum)! Oui au salaire dès la naissance pour le métier le plus difficile du monde : celui de parent!
    Encore un magnifique résumé, d’un livre magnifique que je ne cesse de redécouvrir à chaque fois que je m’y plonge. Beau, enivrant, sensuel, mais aussi effrayant. C’est certain, il faut être prêt à comprendre et à intégrer le concept du continuum… Que de remises en question!
    Natacha

  5. Bonjour,

    je viens de terminer la lecture de ce livre, j’ai adoré. j’ai pleuré! de tristesse et de joie…
    que d’émotions au passage où elle dit que plus une maman portera (à condition que ça vienne d’elle et pas parce qu’on lui a dit de le faire), plus elle aimera porter! c’est tellement vrai! ma fille a 6 mois et c’etait parfois dur au début de la porter tout le temps en tout lieu en toute circonstance (sauf voiture bien sûr) mais finalement j’ai surmonté et je surmonte encore aujourd’hui obstacle après obstacle et je me réjouis. désormais je me demande gaiement comment je vais faire pour pouvoir la porter si je veux faire ceci ou cela et trouve des solutions… plus je la porte plus j’ai facile à le faire (et ce malgré son poids et sa taille qui augmente) maintenant il m’arrive d’aller me promener avec elle sans aucune aide au portage et je peux laisser une main totalement libre si je le veux en marchant et même les deux mains libres à l’arrêt quelques instants si j’en ai besoin tout en la gardant confortablement contre ma hanche. tout est tellement fondé dans ce livre. c’est saisissant et l’auteure reste humble à mes yeux. je poursuis sur ma lancée pour appliquer ses principes à l’éducation de ma fille. merci pour votre article (et petit clin d’œil à natacha guillaume qui a gentiment répondu à mes appels).

    1. Yes un grand merci pour ton commentaire !
      Ma petite luciole a bientôt 6 semaines et je pense chaque jour à ce livre et cela m’aide à trouver la bonne voie dans le maternage. Et il me sert souvent “d’alibi” face aux sceptiques qui trouvent que je porte trop mon bébé !

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