5 conseils simples pour réussir son allaitement

5 conseils simples pour réussir son allaitement

De nombreuses femmes enceintes qui souhaitent allaiter leur bébé sont inquiètes de ne pas y parvenir.
Et pour cause, il est vrai que l’on entend énormément de témoignages de maman n’ayant “pas réussi” à allaiter leur bébé.
Ce constat est inquiétant.

Les principales raisons de cet échec, fréquent dans notre pays, sont pourtant clairement identifiées par les spécialistes de l’allaitement.
Et dans de nombreux cas, il semble que quelques conseils simples auraient favorisé une mise en route efficace et pérenne de l’allaitement maternel.

Votre corps de femme est prévu pour allaiter vos enfants.
Il existe évidemment des cas particulier, mais gardez à l’esprit que ceux-ci sont rares.

Les 5 conseils simples qui suivent sont là pour vous aider à accomplir ce geste naturel que notre société a quelque peu déshumanisé.

 

 

1- Limiter la médicalisation de la naissance

Pourquoi ?

C’est là que tout commence. Mettre un enfant au monde ne consiste pas seulement à l’extraire de son propre corps.
Une séquence hormonale très complexe se déroule tout au long du travail. Ainsi la femme devient mère et le bébé naît, tous deux dans la confiance. Si ces hormones sont trop perturbées, les débuts de la maternité et de l’allaitement peuvent être plus difficiles.

La médicalisation de l’accouchement venant perturber son déroulement naturel, elle peut avoir un impact négatif sur la mise en route de l’allaitement.

Une étude faite en 2006 sur plus de 1 200 femmes australiennes a montré que celles qui avaient accouché sous péridurale avaient plus de difficultés d’allaitement dans les tout premiers jours suivant la naissance et deux fois plus de risques d’arrêter l’allaitement au cours des six premiers mois. [2]

Selon une autre étude, l’administration d’ocytocine pendant l’accouchement aurait un impact négatif sur les réflexes primitifs liés à l’alimentation (succion et déglutition). Elle impacterait également de façon négative la durée de l’allaitement. [3]

 

Comment ?

Si la santé de votre enfant (ou la votre) nécessite que sa naissance soit médicalisée, il va de soi que cela soit votre priorité !

Cependant, de nos jours et dans notre pays, la naissance a tendance a être plus ou moins systématiquement médicalisée de diverses façons. Pourtant la grande majorité des naissances ne nécessite pas de médication ou de médicalisation particulière pour bien se dérouler.

Selon l’OMS (organisation mondiale de la santé) :

“Un accouchement normal, à condition qu’il soit à faible risque, nécessite seulement l’observation attentive d’une accoucheuse ou d’un accoucheur qualifié capable de déceler les signes précoces de complications. Il ne requiert aucune intervention, seulement des encouragements, un soutien et un peu de tendresse.”

Si réussir votre allaitement vous tient à cœur, je ne peux donc que vous conseiller de vous diriger, si cela est possible pour vous, vers un accouchement le plus naturel possible. Soit dit en passant, je vous le conseille également pour de nombreuses autres raisons (voir mon article “pourquoi souhaiter accoucher sans péridurale?” et mon récit de naissance).

Choisir scrupuleusement votre accompagnement à la naissance (maison de naissance, maternité labellisée “ami des bébés”, plateau technique, accouchement à domicile…),
– Ecrire un projet de naissance stipulant votre désir d’accoucher le plus naturellement possible,
– Rappeler votre projet de naissance à l’équipe médicale au moment “M”,
Vous informer pendant la grossesse sur le déroulement physiologique de la naissance,
– Et le top : trouver une sage-femme qui propose l’accompagnement global et qui a l’habitude d’accompagner la naissance de façon naturelle, en respectant la physiologie,

– En cas de césarienne ou autre médicalisation, faites tout votre possible pour pouvoir donner le sein à votre bébé le plus rapidement possible après sa naissance.

 

 

2- Ne pas introduire de tétine / sucette

Pourquoi ?

Proposer une tétine ou un biberon, même de façon occasionnelle, met en péril l’allaitement.
Le bébé perd ses repères et cela diminue considérablement la stimulation du sein, ce qui conduit à une baisse de lactation.
S’en suit un manque de lait et / ou des difficultés voire un refus de téter de bébé. L’allaitement prend ainsi souvent fin de façon précoce.

L’OMS a défini dix conditions pour le succès de l’allaitement maternel.

La 6ème condition est la suivante : “Ne donner aux nouveau-nés aucun aliment ni aucune boisson autre que le lait maternel, sauf indication médicale.”
Et la 9ème : “Ne donner aux enfants nourris au sein aucune tétine artificielle ou sucette.” [4]

 

Comment ?

– Pour commencer, évitez l’utilisation des bouts de sein, souvent proposés en maternité, qui peuvent avoir les mêmes effets indésirables qu’une tétine.

– Ensuite, ne donnez tout simplement pas de sucette à votre bébé. Le sein comblera totalement son besoin de succion. Gardez à l’esprit que bébé ne tète pas uniquement pour s’alimenter. Et que la sucette et la tétine ne sont que de mauvaises imitations du sein !

– Ne donnez à votre bébé que votre lait, sauf cas particulier (par cas particulier, j’entends une impossibilité totale de la maman de donner le sein ou de tirer son lait).

– Enfin, si vous êtes dans l’obligation de donner du lait artificiel ou de votre lait tiré à bébé, ne le le donnez pas au biberon. Il existe différentes alternatives tels que le dal (dispositif d’aide à la lactation), la tasse, la cuillère… etc.

Penséex

 

 

3- N’imposer aucune contrainte horaire

 

Pourquoi ?

Le lait humain se digère très vite en raison de sa composition. Les bébés de notre espèce ont particulièrement besoin de contacts étroits avec leur maman : Les tétées fréquentes favorisent cette proximité entre la mère et son bébé.

La physiologie diffère d’une maman à une autre : la capacité de stockage du lait dans les seins et la vitesse de fabrication du lait n’est pas la même chez chacune. Et la composition du lait évolue au cours d’une même tétée.
C’est pourquoi les rythmes alimentaires diffèrent également d’un bébé à un autre ! [5]

Il n’y a donc aucune règle à suivre concernant :

– le nombre de tétées par jour,
– les intervalles de temps entre celles-ci,
– la durée d’une tétée

Créer des règles à ce sujet est inutile et peut altérer l’instinct et la confiance, et donc être source de problèmes pour l’allaitement.

 

Vu sur le site officiel de la leche league :

Allaiter « à la demande » : regarder son bébé plutôt que sa montre !
Il est généralement admis que seul l’allaitement à la demande permet au nourrisson de réguler ses besoins nutritionnels. En effet, la maman dont le bébé est allaité à la demande produira suffisamment de lait pour son bébé…
Mais à condition que la demande soit suffisante et bien perçue, que la succion du bébé soit efficace et que la tétée soit complète.
Si beaucoup de bébés réclament suffisamment souvent dès le début de l’allaitement, pour d’autres, leur mère devrait être vigilante pendant un certain temps et allaiter alors aux signes d’éveil afin d’offrir à ces bébés un apport alimentaire optimal. C’est souvent le cas des bébés nés un peu avant terme ou de petit poids ou de ceux qui ont tendance à dormir beaucoup (maman sous anesthésie pendant l’accouchement – même sous péridurale -, bébés séparés de leur maman durant les premières heures, par exemple).

 

 

Comment ?

Evitez de surveiller l’heure,
– Les premiers jours, offrez le sein aux signes d’éveil de bébé c’est à dire à chaque fois que vous constatez qu’il est en phase de sommeil léger ou d’éveil calme.
Favorisez la proximité, le contact direct, le peau à peau avec maman et favorisez le sommeil partagé (dans des conditions sécuritaires.)

 

 

 

4- Se faire confiance

Pourquoi ?

Les discours communément tenus autour de l’allaitement sont souvent erronés.
Vous recevrez certainement de mauvais conseils basés sur de fausses croyances lors de votre grossesse et suite à votre accouchement :

– Pas assez de lait,
– Lait pas assez riche,
– Bébé tète trop, trop souvent, pas assez, pas assez souvent,
– Il faut un complément de lait artificiel,
– L’allaitement est douloureux et difficile,
– Un biberon lui permettra de “faire ses nuits” et maman pourra enfin se reposer,
– Après X mois, le lait maternel n’a plus d’intérêt,
etc.

Toutes ces réflexions ont tendance à perdre la maman et à lui faire perdre sa confiance en elle.
Et sachez-le, même certains médecins ou autres professionnels de santé ont ce discours basé sur de fausses informations.

Pourtant, la confiance et l’instinct sont essentiels pour bien débuter l’allaitement maternel et ces discours n’aident pas.
Allaiter un bébé est une compétence naturelle et instinctive dont certains lobbies et autres vendeurs de lait en poudre essaient de nous faire douter.

Il se peut donc que vous ayez à lutter un peu contre cette habitude du non-allaitement (ou de l’allaitement court) qui régie le monde de la petite enfance.

Puis il se peut que ces discours et idées reçues n’aidant pas, vous doutiez vous-même de votre capacité à allaiter votre bébé :

Lors d’une étude menée en 2008, 35% de toutes les femmes qui avaient eu un sevrage précoce ont rapporté comme première cause la perception de manque de lait [1]. Cette inquiétude est fréquente. Il est souvent difficile de comprendre les pleurs du nouveau-né et soulager sa peine devient alors notre cheval de bataille. Alors on se demande s’il a assez à manger, et le doute s’installe.

En réalité, l’insuffisance de lait liée à une incapacité pathophysiologique maternelle à produire du lait ou assez de lait est rare, et concerne probablement moins de 5% des mères. [6]
Et le “mauvais lait” n’existe pas !

 

Vu sur le site officiel de la leche league :

Le “mauvais” lait, ça n’existe pas ! La seule contre-indication totale et définitive à l’allaitement, c’est la galactosémie congénitale, une maladie très rare où le bébé manque d’une enzyme nécessaire au métabolisme du galactose, un composé du lactose, sucre du lait [7]. Et même dans ce cas, c’est le bébé qui a un problème l’empêchant de profiter du lait, et non celui-ci qui est “mauvais”.

 

Comment ?

– Fermez les écoutilles ! Evitez d’écouter les nombreux dires inquiétants à propos de l’allaitement,
Ne suivez pas systématiquement les yeux fermés les conseils que l’on vous donne, même des professionnels de santé,
– Ecoutez votre instinct,
– Ecoutez votre bébé et faites lui confiance,
– Gardez à l’esprit que votre corps est prévu pour allaiter et que très rares sont les femmes qui ne le peuvent pas pour des raisons physiologiques,
– Ne négligez pas la puissance de l’intention et de la motivation,
– Cultivez le positivisme,
Sachez bien que toute difficulté est passagère et tout problème a une solution,
– Voyez le lait artificiel comme un produit de secours en cas d’extrême difficulté.

 

 

5- Être accompagnée et soutenue

Pourquoi ?

Appliquer les 4 premiers conseils que je viens de vous donner est un très bon début. Mais je crois que ce cinquième conseil est primordial

1. Tout d’abord l’allaitement ne concerne pas seulement le duo maman-bébé :
L’implication du papa est importante. Son soutien est un facteur décisif dans la mise en route et le maintien de l’allaitement.

2. Ensuite, avoir un(e) professionnel(le) spécialiste de l’allaitement maternel sur qui vous pouvez compter est une aide précieuse.
– Cette personne saura répondre à vos questions
Vous aider en cas de difficultés (crevasses, douleur, mastite, inquiétudes…)
– Vous indiquer la bonne position de bébé pour une bonne prise au sein,
– Son rôle peut également être de vous rassurer et rebooster votre confiance en vous (dans votre capacité à allaiter)

3. De nombreux sites internet et groupes de discussion sur le sujet véhiculent des informations de qualité. Attention cependant à bien les sélectionner.

 

Comment ?

– Pendant la grossesse, discutez du projet d’allaitement avec le futur papa,
– Proposez-lui d’aller ensemble aux rendez-vous de préparation,
– Incitez-le à s’y intéresser et discutez avec lui de l’importance de son soutien et son implication.

Trouvez une personne spécialisée compétente sur qui vous pouvez compter.
Ce peut être la sage-femme qui vous suit ou une consultante en lactation par exemple.
Je vous conseille de ne pas compter uniquement sur le personnel de la maternité, qui n’est pas toujours bien formé pour l’accompagnement à l’allaitement.
– Une fois cette personne de confiance trouvée, n’hésitez pas à la solliciter pour toute question.
– En cas de difficultés de mise en route de l’allaitement, si vous n’êtes pas confiante avec l’équipe de la structure dans laquelle vous accouchez, faites intervenir votre personne spécialiste de confiance.
– Gardez à l’esprit que vous êtes actrice de votre allaitement et qu’aucune personne extérieure ne peut décider à votre place des actions. Être bien accompagnée est essentiel mais être mal accompagnée peut être fatal pour votre allaitement.

 

 

Je vous souhaite de trouver autour de vous la bonne personne, compétente pour vous accompagner pour votre allaitement, en cas de besoin.
Et je vous souhaite, surtout, de parvenir à accéder à cet instinct naturel qui est en vous.
Dans le brouillard de l’artificiel qui nous entoure, l’allaitement maternel n’est malheureusement plus tout à fait une évidence pour tous.
Luttons pour ramener cette évidence à la vie !


Votre corps est prévu pour ça et je vous souhaite, à vous et à votre bébé, de vivre cette expérience magique, naturelle, évidente, gratifiante, joyeuse, nourrissante, épanouissante, vivante, écologique; et économique en plus !

 

 

10 conditions succès allaitement

 

 

 

[1]  Gatti L. Maternal perceptions of insufficient milk supply in breastfeeding. J Nurs Scholarsh 2008; 40:355-63.

[2] Torvaldsen S, Intrapartum epidural analgesia and breastfeeding : a prospective cohort study, Int Breastfeeding J 2006 ; 1 : 24.

[3] Olza Fernández I et al, Newborn feeding behaviour depressed by intrapartum oxytocin: a pilot study, Acta Paediatr 2012 ; 101(7) : 749-54.

[4] Données scientifiques relatives aux Dix Conditions Pour le Succès de l’Allaitement. DEPARTEMENT SANTE ET DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT. OMS.

[5] www.lllfrance.org/998-allaitement-aux-signes-deveil-allaitement-a-la-demande

[6] Nathalie Cibaud-Le Turdu. Allaitement maternel et insuffisance de lait : prise en charge en médecine générale. Médecine humaine et pathologie. 2011. <dumas-00624072>

[7] Pour plus d’informations sur les vraies et fausses contre-indications, sur les contre-indications temporaires (notamment pour certains traitements médicamenteux de la mère), voir “Quand l’allaitement est (vraiment) contre-indiqué”. Allaiter aujourd’hui n° 33. Sur le sujet des médicaments, vaccins, exa­mens médicaux, tabac, alcool, etc., voir aussi les dossier Tabac, alcool, caféine, drogues et Médicaments et soins de la mère allaitante.

 

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Cet article a 2 commentaires

  1. Je ne suis pas super calée niveau allaitement et je vais garder ton article pour le donner aux mamans qui se posent beaucoup de questions avant l’arrivée de leur enfant à ce sujet. C’est un super article qui donne espoir en tous cas ! Oui c’est possible !!!

    1. Oui oui oui c’est possible !!! Mais dans ce monde, il vaut mieux partir armée de bons conseils, autrement l’allaitement peut facilement foirer malheureusement…

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