Pour une naissance sans violence

Pour une NAISSANCE SANS VIOLENCE

Inondée de propositions plus attrayantes les unes que les autres (un grand merci à toutes Smile ), je me questionnais à savoir quel livre serait le prochain que je dégusterais.

Je me suis souvenue de ce livre, oh cela faisait quelques années que je l’avais acheté et dévoré en une bouchée. Mais j’en gardais un souvenir tel que je suis partie à sa recherche. Il était bien installé sur mon étagère, prêt à être lu à nouveau.

Parfait.

En l’ouvrant, j’y ai découvert un ticket de caisse jauni. Date d’achat : 09/07/2008. Wooooow ! Le temps passe.
Il est grand temps de s’y replonger.

C’est du bonheur sur papier. De la poésie qui découvre la vérité. C’est simple. Et tellement bouleversant en même temps.

Il mérite un article sur mon blog, clairement. Il va venir nourrir mon défi.

De là, j’apprends que Frédéric Leboyer, son auteur, un homme qui a changé le monde de l’obstétrique, est décédé il y a quelques mois.

Puisque les petits ruisseaux font les grandes rivières, j’écris cet humble article en hommage à ce grand monsieur.

 

Je précise que ce livre a été écrit dans les années 70, et qu’heureusement certaines pratiques obstétricales violentes dénoncées ici ont évolué positivement.

D’autres subsistent malheureusement dans beaucoup de maternités…

 

1. “Ils ont des yeux qui ne voient pas”

Dans cette première partie, l’auteur nous confronte à l’ambivalence du premier cri.

“[…]

– Mais donc, quant à vous, vous pensez qu’à la naissance l’enfant ne sent rien ?

– Pour ça, c’est l’évidence.

– C’est curieux, moi, je n’en suis pas certain.

– Voyons, un nouveau-né ! Comment voulez-vous qu’à cet âge… ?

– Vous m’affligez de plus en plus. Faut-il vous rappeler que les chagrins d’enfants sont sans limites et que c’est le triste et merveilleux privilège des jeunes de tout ressentir avec mille fois plus d’intensité que nous ?

– C’est vrai, je vous l’accorde. Pourtant, un nouveau-né, c’est si petit…

– Comme si la taille faisait quelque-chose à l’affaire !

– Là encore, j’en conviens…

– Une fois encore, par quel miracle “cela” peut-il crier si fort et ne rien éprouver ?

– Je vous l’ai dit : un nouveau-né n’a pas de conscience.

– Ah ! Voilà qui arrange tout. Pas de conscience… Vous voulez dire pas d’âme ?

– Non, non? L’âme… connais pas.

– Tandis que la conscience… ?

– La conscience, c’est autre chose.

– Et vous pouvez m’expliquer ce mystère ? Ah, mais, bravo ! Mon ami, je vous écoute. Je suis suspendu à vos lèvres.

– Eh bien… c’est-à-dire… à vrai dire, la conscience…”

 

Dans les salles de naissance, on a l’habitude de se réjouir d’entendre le nouveau-né hurler. Mais ne serait-ce pas un cri de souffrance ?

Le bébé est une personne. Frédéric Leboyer vient ici nous le rappeler.

Les pages sont parsemées de photos révélant cette souffrance évidente. Il éveille tous nos sens. Nous n’attendons plus qu’une chose : qu’il nous dévoile comment faire pour éviter cette souffrance à nos enfants…

 

2. “La naissance est souffrance” – Gautama

Focus sur ce que peut ressentir l’enfant…

D’abord le passage houleux d’un monde à l’autre. Tantôt étreint et protégé, puis tout à coup libre au dehors, comme perdu dans l’immensité. “L’univers a-t-il éclaté ? Non, je suis né.”

Et que fait-on pour le rassurer ?

Nous ne nous en rendons peut-être pas compte… Mais…

Il peut être aveuglé par une puissante lumière,

Se sentir violenté par le fracas sonore,

Ressentir un toucher indélicat comme une brutale agression,

Être totalement effrayé par ses premiers mouvements respiratoires, douloureux.

 

3. “La réponse est dans la question”

“Comment préparer l’enfant ? […] Ce n’est pas l’enfant qu’il faut préparer. C’est “notre” aveuglement qui doit cesser.”

Ici l’auteur nous propose d’ouvrir les yeux. Il nous montre ce que nous oublions parfois de voir. Il nous demande d’apprendre à respecter cet instant de la naissance.

Ainsi il nous suggère une ambiance douce et intime, pour une naissance adoucie.

Pour une transition entre les deux mondes…

– Pénombre

– Silence

– Respect de l’instant présent

 

Et puis vient la question du cordon ombilical… Voilà une pratique qui subsiste : celle de le clamper et le couper au plus vite. Et pourtant…

Couper le cordon, à peine l’enfant sorti du ventre maternel, est un acte d’une grande cruauté. Et dont on mesure mal l’effet sur le bébé.

Le conserver intact tant qu’il bat, c’est transformer la naissance.

[…] le cordon : trois vaisseaux, une veine et deux artères dans un fourreau.

Le sang se régénère dans le placenta

[…]

Que ce passage se fasse lentement, en douceur ou brutalement dans la panique et la terreur, et la naissance se fait éveil paisible… ou tragédie.”

 

Le respect de ce petit corps naissant

Voilà que nous réalisons l’immense vide que peut constituer notre univers pour un être qui a passé les neuf derniers mois, qui constituent sa vie, au creux d’un nid l’enveloppant de toutes parts.

Alors comment faire pour rassurer ce petit corps ? Comment lui assurer un atterrissage doux ?

La première étreinte de l’enfant doit être le corps de sa mère. Quoi de plus logique pour une douce transition ?

Mais soyons prudents et ne l’installons pas n’importe comment. Nous devons être attentifs à la courbure de son dos. Nous devons respecter sa position naturelle. C’est à lui de se déployer en temps voulu et non à nous de l’y forcer.

Premier contact avec ce monde

Nous abordons ici l’importance des premières mains qui tiennent le nouveau-né.
Là-encore la logique de transition voudrait des mains maternelles. Puis paternelles.

L’amour doit être ressenti par ce premier contact.

“Des mains […] légères. Et lourdes de leur poids de tendresse.”

 

Découvertes

Premier regard.

Première exploration du corps et de l’espace.

Découverte de l’immobilité et de la pesanteur.

Autonomie rencontrée.

L’enfant goûte à d’innombrables nouveautés.

“Oui, c’est le jardin des plaisirs. Ce nouveau monde, quel endroit enchanté ! Comment l’enfant regretterait-il le passé ?

Sans doute, dans ce jardin, des monstres sont cachés : la Faim, bête terrible n’a pas encore fait son apparition.

Peu importe. Tout a si bien commencé que, pour jamais, l’enfant a le goût de l’aventure.”

 

4. Le lecteur est convaincu : oui à une naissance sans violence

Au début de ce chapitre, Frédéric Leboyer évoque la première tétée, magique.

Malheureusement à mon goût, il ne s’y attarde pas.

Puis il nous remet face au chemin parcouru durant la lecture du livre.

Nous comprenons à présent les nombreux aléas auxquels notre nouveau-né a fait face pour accéder à ce monde.

Nous avons conscience de la souffrance et la peur qu’il a pu ressentir.

Les clefs d’une naissance douce sont presque entre nos mains.

 

La mémoire de la naissance

Nous croyons avoir oublié notre naissance. En réalité il en est tout autre. Notre corps en est empreint.

Notre naissance a son importance aujourd’hui comme hier et demain.

 

“En fin de compte,

ou de conte,

je ne peux dire qu’une chose :

“essayez.” “

 

Ce livre, cette histoire, est clôturé(e) par la magnifique photo d’un nouveau-né dont le visage est habillé d’un sourire radieux. Il incarne le bien-être et la sérénité. On ne peut s’empêcher de sourire à sa vision.
C’est la photo que j’ai choisie pour illustrer cet article. Elle représente l’effet de la naissance sans violence.

Une naissance sans violence, quoi de plus naturel ?

 

Voici ce qu’écrit la journaliste Renée Greusard dans le nouvel Obs :

“Le 25 mai dernier un vieux monsieur de 98 ans est mort sans qu’aucun média national n’en parle. Il était important pourtant.

C’est grâce à ce monsieur là que nos enfants naissent aujourd’hui de manière plus douce, sans être frappés ou tenus la tête à l’envers par les pieds (on pensait alors qu’un nouveau-né devait hurler à la naissance).

C’est grâce à Frédérick Leboyer qu’on pose le bébé sur le ventre de sa mère (ou de son père) quand il est sorti. On appelle cela du peau à peau et c’est une pratique très répandue désormais dans les maternités, en France, comme ailleurs.

Pour le présenter, on pourrait dire de lui qu’il était obstétricien. Mais ce serait très réducteur. C’était un poète, un humaniste, un penseur.”

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9 commentaires sur “Pour une NAISSANCE SANS VIOLENCE

  1. Salut Fanny!
    Décidément, ce livre fait parler!
    C’était “le livre à lire pendant la grossesse”, pour moi, dans l’évènement inter-blogueurs organisé par Sonia de “danse-prenatale.com”.
    Je l’ai relu pour l’occasion, et il m’a (re)convaincue!
    Génial que tu l’aies intégré dans ton défi 😉
    Natacha

    1. Oui j’avais vu que tu avais fait cet article mais je ne l’ai pas lu parce que j’avais dans l’idée de l’intégrer à mon défi ! Du coup je suis allée le lire hier et j’étais ravie de voir que l’on avait fait deux articles complètement différents à propos d’un même livre !

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