Préparer son jeune enfant à l'arrivée d'un nouveau bébé

Préparer son jeune enfant à l’arrivée d’un nouveau bébé [article de Natacha Guillaume]

 

 

 

Cet article est un article “invité”.

Ceci signifie que ce n’est pas moi, créatrice et auteure de ce blog qui l’ai écrit !

Après Caroline Müller qui a écrit cet article, c’est aujourd’hui le tour de mon amie Natacha Guillaume du blog Heureux sans couches d’écrire un article invité pour Naissance Enfance Nature.

Je remercie chaleureusement Natacha, qui en écrivant cet article, me donne encore un peu de temps pour materner ma petite luciole à 200% avant de reprendre les rennes de mon blog. Il faut savoir que Natacha gère deux blog de front puisqu’elle est aussi l’auteure du blog Belle telle quelle. Alors merci à elle d’avoir donné un peu de son temps pour alimenter mon blog à moi !

Je salue cette belle idée d’article sur l’arrivée d’un petit frère/d’une petite soeur, que je n’aurais su écrire car pas encore concernée par le sujet.
Bonne lecture à vous Winking smile !

 

 

 

Votre enfant est très jeune voire encore bébé, mais, surprise (ou pas) ! Vous êtes à nouveau enceinte ! Vous vous posez sûrement une foule de questions. Parmi elles, vous vous demandez comment préparer son jeune enfant à l’arrivée d’un nouveau bébé dans le foyer avec bienveillance. Vous ne voulez rien lui cacher mais lui en parler maintenant, alors qu’il est si petit, vous paraît un peu prématuré. Vous ne voulez pas le brusquer, mais vous voulez qu’il comprenne ce qu’il se passe. Vous ne voulez pas qu’il se sente mis de côté…

 

Ce sujet qui me touche tant

Je suis maman d’une petite fille de 2 ans et dans quelques semaines maintenant, je mettrai au monde mon 2e enfant. Je suis plus que concernée. Et j’ai vécu les choses en adaptant mon comportement, au jour le jour, en suivant les demandes de ma fille, quand je les ai comprises. Je me sens très épaulée par mon conjoint. Il a une relation très fusionnelle avec elle. Et ce qu’il y a de bien c’est que nous comprenons différentes choses la concernant, lui et moi. Ce qui ne nous empêche pas d’être quasiment tout le temps d’accord sur la chose à faire à l’instant T.

 

L’annoncer, oui ! Mais quand ?

Si votre enfant a 2 ans ou moins… Lui annoncer l’arrivée d’un nouveau bébé dans le foyer peut être un point assez délicat à gérer. Va-t-il comprendre ? Ne risque-t-il pas d’être frustré de ne pas voir ce bébé dont on lui parle tant ? C’est évident, la compréhension d’un acte aussi abstrait chez un enfant si jeune est limitée. Il comprend, bien-sûr, mais à sa manière. Ma fille a bien intégré le fait que, dans mon ventre, grandit son petit frère.

 

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Les comportements si attachants des enfants à ce moment-là…

En début de grossesse, je sentais qu’elle avait besoin de chercher où il se trouvait. Elle voulait que j’ouvre mon ventre pour lui montrer le bébé. C’était assez frustrant pour moi de ne pas pouvoir le lui montrer. Alors, je lui ai expliqué qu’il était caché sous mon nombril. Je lui ai aussi dit qu’il fallait attendre qu’il grandisse bien, et, qu’un beau jour, il sortirait de mon ventre et nous pourrons le voir, le toucher et lui faire des bisous. Étant assistante maternelle, j’ai bien insisté auprès de ma fille sur le fait que ce bébé-là va vivre avec nous. Ce n’est pas un enfant comme un de ses copains qui arrivera le matin et repartira le soir, chez lui. Comme beaucoup d’enfants attendant leur petit frère ou sœur, elle montre souvent son ventre en disant « bébé ». C’est très drôle. Là aussi, je dis que le bébé est dans mon ventre et pas dans le sien.

 

Les outils qui peuvent aider

 

Les livres

Beaucoup de parents s’appuient sur des livres à cette période de leur vie. La tante de ma fille lui a offert, pour son anniversaire, « T’choupi bientôt grand frère ».
Nous l’avons lu une ou deux fois, et, comme elle adore regarder ses livres, je la laisse le regarder seule. Si elle veut que je lui lise un livre, elle le demande, de toute façon. Dans un souci de nonanticipation de ses besoins, ce que j’applique au quotidien sur un tas d’autres choses, je la laisse venir ou pas, questionner ou pas. Je ne réponds que si elle le demande. Nous avons choisi de le lui dire en début de grossesse, mais nous ne sommes pas allés plus loin tant qu’elle ne le demandait pas. Il existe une foule de livre pour petits et grands sur le sujet. J’aime beaucoup lire. M’appuyer sur un livre pour expliquer quelque chose à ma fille aurait dû couler de source. Je ne le fais que rarement, en fait. Nous avons des livres sur d’autres sujets forts de la vie d’un enfant, qui lui ont été offerts, comme « la tétine», « le pot » ou encore « la colère », mais nous ne cherchons pas spécialement à les lui montrer.

 

Expliquer, encore et encore

Avec nos propres mots, nous pensons que nous expliquons aussi très bien les choses. Cela amène plus de spontanéité. J’en ai grand besoin, car ça mouline beaucoup là-haut. Cela m’amène des questionnements en grande quantité et je manque parfois de naturel, à force de réfléchir.

 

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Photo de dagon_

Passer du temps de qualité ensemble

Comme d’habitude, à chaque fois qu’il y a un changement dans la vie de l’enfant. Si l’enfant vit mal le moment, ou le demande, tout simplement, essayer de lui consacrer non pas plus de temps, mais du temps de meilleure qualité. Je pense que c’est important. Nous cododotons énormément avec notre fille en ce moment. C’est sa demande et nous avons l’envie d’y répondre favorablement. Le soir, au moment du coucher, elle refuse tout net d’aller dans son lit, et parfois même, elle s’agrippe à nous et pleure. Elle demande très clairement « Dodo Papa » ou, plus rarement, comme je l’expliquerai ci-dessous, « Dodo Maman ». Elle est très attachée à son papa, qui, dès qu’il a une minute à lui consacrer, doit en réalité lui en concéder bien plus. Comme si elle n’était jamais rassasiée de sa présence. Un temps avec moi quand il n’est pas là (il travaille beaucoup), c’est bien. Quand il est là, c’est plus difficile, voire carrément l’horreur ! Elle oscille entre moments où elle ne veut que papa, et moments où peu importe si c’est papa ou maman qui s’occupe d’elle, il faut qu’on lui accorde de l’attention.

 

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Photo de robin higgins

Arrêter de culpabiliser

Encore et toujours la même rengaine… Facile à dire, je sais ! Après une discussion que j’ai eue avec une mère de 3 enfants et grand-mère de beaucoup d’autres, j’ai décidé de laisser plus de place à la spontanéité et d’essayer d’arrêter de culpabiliser pour un oui ou un non. Elle m’expliquait qu’elle ne s’était jamais posé de questions étant enceinte de son 2e et 3e enfant. Elle ne leur avait pas spécialement expliqué qu’ils allaient avoir un petit frère.

 

Le rejet de Maman

Ça peut arriver et effectivement ce n’est pas très agréable à vivre. Mon mari me demande souvent comment je prends les choses. Il a de la peine pour moi.
Je ne me sens pas à proprement parler rejetée. Seulement, objectivement, si ma fille a le choix, en ce moment, elle ira passer du temps avec son père plutôt qu’avec moi. Il y a des moments où elle va me dire « non » pour quelque chose alors qu’elle en a clairement envie ou besoin. Puis aller le demander à son père dans la seconde… Je ne trouve pas cela très grave en fait. Quand je suis fatiguée et qu’elle vient me faire un bisou et/ou un câlin, j’avoue que j’adore. Mais bon, je tente de prendre le sujet à la rigolade et surtout, de respecter son besoin. Elle a bien le droit de ne pas vouloir passer de temps avec moi. Après tout, nous ne sommes que très rarement séparées ! Il me semble que c’est sain d’exprimer son ressenti. Certains enfants peuvent se mettre à taper sur le ventre maternel. Bien-sûr, j’aurai tendance à dire que plus on en tient compte, plus on surenchérit de réactions « négatives », plus l’enfant sera amené à recommencer. Cet enfant cherche simplement de l’attention.
Mais je n’aime ni caricaturer ni généraliser. Donc, finalement, prenons les choses au cas par cas. Cela me semble plus approprié. C’est très difficile, en plus, de ne pas réagir vivement quand un enfant tape sur le ventre d’une femme enceinte. Ma fille étant assez brusque, je lui dis souvent – et j’essaie de le faire doucement et avec bienveillance – de faire attention. J’explique que le bébé est fragile et que cela peut lui faire mal. Souvent, elle vient faire un câlin à mon ventre, juste après… Peut-être que les enfants qui frappent sur le ventre de leur mère enceinte ont entendu des remarques désobligeantes, voire violentes, alors qu’ils avaient seulement oublié de faire attention. Nous mettons beaucoup trop d’affect, et c’est bien naturel, dans ce genre de situation. Les enfants ont des gestes maladroits, sont plein de vie et sont dans l’immédiat. Ils peuvent oublier quelque chose quelques minutes après l’avoir appris. C’est bien naturel, leur cerveau est immature. Par contre, s’ils se sentent agressés en étant grondé, a fortiori devant plusieurs personnes, pour un acte involontaire, ils peuvent avoir envie de recommencer, pour vérifier et tenter de comprendre ce qu’il se passe…

 

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Photo de ast25rulos

 

Laisser l’enfant faire connaissance

Ma fille demande régulièrement à toucher mon ventre. Pour cela, il faut que mon t-shirt soit relevé, ce qu’elle s’empresse de faire. Je la laisse faire, malgré, parfois, quelques remarques. Dès qu’elle ne veut plus, elle le dit et replace le t-shirt. Si mon mari ou moi-même étions aussi en train de « parler au bébé », elle nous dit que c’est fini, et que nous devons arrêter maintenant. Nous respectons cela. Parfois, ça nous fait bien rire. Mais dans le fond, nous comprenons que c’est sa manière de s’approprier cet événement.
Elle s’occupe énormément de ses poupées, doudous et peluches en ce moment. Nous pensons que, si je n’allaite pas ce bébé, nous la laisserons lui donner le biberon, sous surveillance, et certainement sur nos genoux. Si elle demande à être allaitée de nouveau, je ne pense pas m’y opposer. Beaucoup m’ont expliqué que cela ne durait qu’un temps et que l’enfant, après avoir rempli son réservoir affectif et être rassuré sur sa place et sur les sentiments de ses parents à son égard, s’arrête de lui même, et passe à autre chose. Comme pour chaque acquisition, en fin de compte. Nous avons aussi arrêté d’appeler ses poupées des bébés. Nous avons remarqué qu’elle les prenait pour le bébé qui est dans mon ventre. Nous ne sommes pas sûrs de cela mais, toujours dans un souci de transparence, nous les appelons poupée. Nous ne voulons pas non plus qu’elle croit qu’elle pourra s’occuper du bébé exactement comme elle s’occupe de ses poupées, et qu’elle puisse dormir avec etc … Cela peut sembler être un détail, et c’est ce que nous avons pensé de prime abord, mais ça nous paraît plutôt important, en fin de compte.

 

Natacha,

du blog Heureux sans couches

 

Photo principale de ast25rulos

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