Nos échecs et nos épreuves nous mènent au bonheur

“L’échec est un diplôme”.

Cette phrase résonne dans ma tête depuis qu’elle s’est imposée à moi il y a quelques mois (années ?) dans une vidéo d’Idriss Aberkane, un grand penseur de notre temps.

J’y pense souvent, je la calque sur ma vie. Effectivement, tous les échecs que j’ai vécu m’ont permis d’avancer, d’évoluer, de comprendre.
L’échec est de toute évidence un pas vers la réussite.

[J’aime les longues périodes de pluie, car je sais que grâce à elles, j’apprécierai d’autant plus le soleil qui viendra ensuite…]

Caroline Muller, du blog Le colibri imparfait, propose un carnaval d’articles sur ce sujet. Elle invite les blogueurs à raconter une petite histoire sur le thème suivant :
“Cet échec ou épreuve qui s’est révélé être une opportunité.”

Je suis irrépressiblement tentée de participer et de vous raconter un bout d’histoire.
Parce que c’est justement une période d’échec qui m’a été très difficile à vivre qui m’a menée à un bonheur des plus immenses aujourd’hui.

C’est une part de mon intimité que je vous livre ici et je vous avoue avoir longuement hésité à le faire.
Mais je crois qu’il est important de diffuser ce type de récits qui sont là pour rebooster le peuple !

-> Ne lâchez rien ! <-

 

Quatre années “dans le vide”

 

Désir d’enfant

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours vue maman. Donner la vie avec pour point de départ l’union de deux personnes qui s’aiment. Créer une famille et transmettre le bonheur de vivre. Quoi de plus beau et naturel ?

Après quelques années à voyager et naviguer dans une relation amoureuse avec un homme qui m’apportait joie, bonheur et surprise, le désir de devenir maman m’a rattrapée comme une évidence. Monsieur ayant lui aussi très envie de se lancer dans la parentalité auprès de moi, nous voilà partis à la recherche de ce petit miracle !

Puis le temps a passé. Et mon cycle féminin n’a eu de cesse de se renouveler, mois après mois, sans jamais que la petite graine ne daigne s’installer en moi…
Après un an d’essai, j’ai commencé comprendre. J’ai compris que quelque-chose de physiologique empêchait notre amour de “produire ses fruits”. J’ai compris que nous allions devoir apprendre la patience.

La culpabilité

Il y a une idée accablante qui circule de bouches à oreilles : C’est le concept selon lequel l’infertilité “c’est dans la tête”.
Je ne remets pas en question la théorie selon laquelle notre mental et notre psychisme agissent sur notre fertilité. Cependant, c’est loin d’être l’unique coupable. De nombreuses barrières physiologiques peuvent influencer notre fécondité. C’est incroyable comme cette idée est répandue, et d’autant plus incroyable qu’autant de personnes se permettent de la formuler, ne connaissant pourtant rien sur le sujet. Une simple rumeur qu’ils perçoivent telle une vérité implacable. Il va de soi que ceux qui véhiculent ce message n’ont jamais eu à faire face à la difficulté de l’infertilité. “Leur tête à eux fonctionne bien…”

Sachez une chose : le plus terrible pour une personne qui ne parvient pas à concevoir un enfant, c’est de se sentir coupable de cette situation.
Donc de lui dire “tu y penses trop”, “tu le désires trop”, “c’est dans ta tête”,… j’en passe et des meilleures, ne sert strictement à rien et fait plus de dégâts qu’autre chose ! Cessez donc de répandre ces rumeurs très culpabilisantes et trouvez plutôt des mots qui encouragent et qui donnent confiance.

Au creux de mon ventre, le vide

Cette sensation de vide est si désagréable. Une vie qui ne prend pas, le vide total. La sensation d’avoir un corps qui ne peut pas abriter la vie est insoutenable. Comme une impression que mes tissus, à l’intérieur étaient à demi-morts. Rejet de ce corps.

Et puis il y a les autres autour, qui font des enfants, tout simplement et naturellement. On ne leur en veut pas, on ne peut pas les jalouser, c’est leur vie à eux. Ils ont certainement leur lot de difficultés eux aussi… Mais on aimerait tellement partager ce bonheur avec eux. Vivre aussi cette expérience de devenir parents.

Heureuse malgré tout

Ces quatre années n’étaient pas totalement sous l’emprise de la joie, c’est certain.
Pour autant, je me suis toujours raccrochée à l’idée que quoi qu’il nous arrive, il ne dépend que de soi d’être heureux ou non. Être heureux est un choix.

Alors j’ai vécu d’autres belles expériences. J’ai “profité” des joies de la non-parentalité. J’ai gardé le sourire autant que possible. Et surtout j’ai chanté, j’ai dansé, j’ai aimé.

Evidemment, mon principal moteur était ce tout petit espoir au fond de moi… Celui qui me disait qu’un jour, cet homme que j’aime et moi, aurions un enfant.
Je ne lâcherai rien, je tenterai tout pour porter la vie, mettre au monde un enfant, l’aimer et l’accompagner dans une vie agréable.

Médicalisation

Si vous suivez un tant soit peu les aventures de Naissance Enfance Nature, vous savez à quel point j’aime la simplicité et le naturel.

Pourtant, j’ai eu recours à la Fécondation In Vitro, comme une dernière chance d’aider mon corps à accomplir le miracle.
Je l’avoue, j’ai mis un peu de temps à accepter l’idée de m’injecter des hormones artificielles pour concevoir un enfant. Parce-que le parcours de FIV, en résumé, c’est ça :

– Des tonnes d’examens plus invasifs les uns que les autres,
– De nombreux mois d’attente interminable entre chaque rendez-vous
– Des mauvaises nouvelles,
– Parfois des opérations chirurgicales,
– Parfois aussi des traitements, antibiotiques par exemple,
– Des piqûres d’hormones au quotidien pendant une période donnée (que l’on se fait soi-même en général),
– Un corps meurtri,
– De l’espoir,
– Des échecs,
– De nouveaux espoirs,
– De nouveaux échecs…

Mais lorsque j’ai passé ce cap, que j’ai accepté la FIV, que je l’ai saisie comme une opportunité; ma quête de simplicité et de naturel s’est mise entre parenthèses, tout simplement.

Il faut savoir prioriser. Alors nous avons plongé dans ce parcours à corps perdu. Et c’est aujourd’hui sans regrets !

Ces années d’échec et aujourd’hui tellement heureuse !

 

Je suis enceinte !

La grossesse est un bouleversement totalement dingue dans la vie d’une femme. Et ce n’est pas “que du bonheur” pour chacune d’entre nous.
Mais pouvez-vous imaginer comment nous vivons la grossesse, nous, celles qui ont connu ce vide. Nous qui nous sommes enfoncé des aiguilles dans le ventre. Nous qui avons pleuré de peur de ne jamais être mère. Oui nous, ces nombreuses femmes qui avons patienté des années durant pour voir fleurir un embryon au creux de soi…

Eh bien, je crois que la majorité d’entre nous ont une conscience sans limite du miracle qu’est la grossesse.

Le bonheur d’être enceinte est ainsi sans égal, d’une pureté rare.

Ma future parentalité

Mon bébé verra le jour d’ici un mois.

Je suis certaine que ces années de patience, ponctuées d’échecs, auront une incidence positive sur ma parentalité.

D’une part, tout comme la grossesse, je saurai me délecter du bonheur d’être parent. Cela m’aidera à relativiser la situation lorsque comme tout parent je vivrai des moments délicats à gérer !

D’autre part, le temps permet l’évolution.
Et pendant ces quatre années,

j’ai grandi,
mon couple a évolué,
j’ai construit mon nid,
forgé ma personnalité et renforcé mes compétences d’adulte bienveillant.
J’ai appris, beaucoup.

Et tout cela constitue je crois un magnifique bagage pour débuter dans la vie de parent…

Le temps qui passe et les échecs et épreuves que l’on vit sont nos alliés.
Soyons patients, vivons l’instant présent et savourons ce qui s’offre à nous.

Choisissons d’être heureux. Et surtout, ne lâchons rien.

 

[J’espère que cet article intimiste vous a plu, et surtout vous a boosté pour accueillir vos échecs comme des opportunités.]

 

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Photo de Sasint

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13 réflexions au sujet de « Nos échecs et nos épreuves nous mènent au bonheur »

  1. Je reste persuadée, comme tout le reste, que c’était MAINTENANT le moment pour vous d’avoir un enfant, et que toutes ces étapes par lesquelles vous avez dû passer étaient effectivement le chemin pour vous guider vers le plus beau de ce que vous allez donner en tant que parents. 😊
    Tu portes ce besoin de maternité et de parentalité tellement en toi, qu’en y réfléchissant il semble presque logique que ai dû essuyer des échecs pour parvenir à voir cette maternité comme un miracle, et l’apprécier comme tu te devais de l’apprécier : la plus belle chose qu’il te soit donné de vivre.
    Tu n’étais pas faite pour être la femme enceinte qui attend son accouchement avec impatience car les derniers mois de grossesse sont un calvaire pour elle, et la vie s’est gentiment chargée de faire en sorte que ça n’arrive pas 🙂
    Bel article et beau témoignage !

    1. Très joliment exprimé 🙂 , tout cela me parait clair aujourd’hui…
      Même si au fil des années ça n’a pas toujours été facile de conjuguer patience, espoir, et instant présent…

  2. En attendant des jours meilleurs, il faut apprendre à chanter sous la pluie… C’est ce que tu as su faire Fanny, dans tous les sens du terme ! 😉

    1. Oui c’est une belle façon de le dire ! Pas toujours facile de garder le cap, mais effectivement dans l’ensemble je suis assez fière de moi, d’avoir su préserver ma joie de vivre malgré tout !

  3. Merci Fanny pour ce témoignage intimiste, émouvant ! Il peut apporter beaucoup à d’autres couples ! 🙂 et à tous ceux qui souhaitent mettre à profit leurs échecs pour trouver le bonheur….. !! ❣️

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